Pourquoi et comment pardonner : la voie de la paix intérieure
- Stéphane TOMA

- 2 oct. 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 1 févr.

"Pardon ? Pardonner ?!! Alors ça, après ce qu’il/elle m’a fait, c’est hors de question !!"
Il y a effectivement des choses plus faciles à dire qu’à faire. Bafoué, trahi, déçu, la colère et la souffrance engendrées n’animent pas forcément l’envie de pardonner.
Et pourtant, point de paix pour soi-même sans pardon. Alors, pourquoi et comment pardonner ?
Pourquoi pardonner : se libérer du lien avec l'offenseur.
Acte bien difficile selon l’intensité que ces faits induisent en nous. Mais pour sa paix intérieure, il est salutaire de laisser derrière soi le ressentiment et la rancune afin de se libérer de la colère : le négatif attirant le négatif. Certes, il n’est pas défendu de voir le mal quand le mal existe. Une offense est une offense et l’émotion qu’elle provoque est une réalité. Mais comme le disait Bouddha :
"Rester en colère, c’est comme saisir un charbon ardent avec l’intention de le jeter sur quelqu’un ; c’est vous qui vous brûlez".
Pardonner n’est pas minimiser votre souffrance ou donner raison à l’autre. Pardonner, c’est expulser l’impact émotionnel, se défaire du mal animé par cette offense. En fait, tant que l’on entretient colère et rancœur envers l’offenseur, on maintient le lien avec lui. Par conséquent, la souffrance perdure.
Ça ne veut pas dire qu’il faut faire comme si rien ne s’était passé. Le pardon est à faire pour soi, pour avancer. En outre, tant que l’on maintient l’envie de réparation, de vengeance, nous restons figés dans le passé, animés de pensées négatives.
Comment pardonner concrètement ?
Comme toute émotion (les négatives plus particulièrement), il est nécessaire de la laisser s’exprimer. La contenir, tenter de faire avec, voire la nier rend finalement le mal bien plus actif. Crier, hurler, pleurer, peu importe, il faut purger, exprimer cette émotion négative pour s'en libérer. Un moyen un peu scolaire mais efficace est d’écrire ce que l’on ressent. Cela peut être sous la forme d’une lettre adressée à l’offenseur (lettre qui ne lui sera pas envoyée et qu’il ne faut pas relire une fois écrite).
Il faut surtout bien intégrer qu’on le fait pour soi, à moins de préférer ressasser notre colère… Pardonner c’est vouloir être bien. Cela n’enlèvera rien au fait en lui-même, ni ne l’effacera de vos souvenirs, certes, mais lâcher prise est toujours la meilleure solution.
Prendre les choses de qui ça vient
Un regard objectif sur le fait reproché peut aussi aider à relativiser, à comprendre l’offense. L’offensé n’a-t-il pas été l’offenseur en première instance ? Aucune parole ni aucune action blessante n’a été produite ? N’a-t-il pas envenimé quoi que ce soit ? A-t-il toujours été bienveillant ?
En effet, nous avons tous des mauvais penchants, des défauts à corriger. Il est toujours plus facile de voir la paille dans l’œil de l’autre plutôt que la poutre dans le nôtre. S’arranger avec sa conscience ne demande finalement que peu d’efforts en comparaison avec ce que l'on devrait surmonter…
Prendre les choses de qui ça vient permet également de comprendre que l’offenseur n'est pas intellectuellement en mesure d’agir autrement. Reconnaître cette faiblesse n’est pas un jugement, c'est être factuel, objectif. Et cela ne doit en aucun cas être un orgueilleux constat de supériorité, condamnant en autrui ce qu’on pourrait s’excuser à soi-même. D’un point de vue moral, ne croyant pas aux valeurs qui lui manquent, l’offenseur est celui qui est à considérer comme "en retard" dans sa progression. Et comme le malade, il est celui qui doit guérir du mal qu’il provoque.
Le pardon du cœur vs le pardon des lèvres
Dans tout cela, il ne faut bien sûr pas confondre pardon du cœur et pardon des lèvres. Pardonner s’établit dans les actes et dans la pensée sincère, pas seulement dans les mots… Dire "je pardonne" en souhaitant, par exemple, le retour de boomerang n’est pas des plus bienveillant.
Conclusion : le pardon comme moteur de paix intérieure
Sur le chemin du progrès moral et spirituel, le pardon nous rapproche donc toujours plus de l’homme de bien et de notre équilibre salutaire que l'on se doit de préserver. Un grand nombre de maladies organiques et de troubles psychologiques proviennent des sentiments toxiques et affligeants. La rancune ne peut qu’entraver l’équilibre salutaire que l’esprit permet au corps (voir ici).
Pardonner c’est semer de bonnes graines dans de la bonne terre; la récolte n’en est que meilleure.
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